« The Internet of Shit » ou l’absurdité du tout-connecté

On vante souvent les vertus des objets connectés. Mais parfois, tout ne fonctionne pas comme prévu : la voiture ne démarre pas à cause d’une mise à jour, la brosse à dents vous dit « Bravo ! »… Le compte Twitter « The Internet of Shit » répertorie les pires absurdités des objets connectés.

Près de 75 millions de connexions 5G seront émises et reçues par des appareils reliés à Internet en 2025, d’après une étude d’IoT Analytics, un site d’analyse du marché des objets connectés. Le tout dans une quarantaine de secteurs, dont l’énergie, l’industrie, la domotique ou la vidéosurveillance. Ces applications sont censées rendre notre vie plus facile et parfois plus ludique. A une époque, pour écouter de la musique, il fallait acheter un disque, le placer dans un lecteur, se lever pour changer de chanson… Aujourd’hui, grâce au streaming et aux enceintes connectées, finis ces désagréments. Comme le disait Saint-Exupéry, « la perfection est atteinte, non pas lorsqu’il n’y a plus rien à ajouter, mais lorsqu’il n’y a plus rien à retirer ». Alors, l’internet des objets a-t-il perfectionné notre quotidien à ce point ? Ben non.

Pour preuve, le compte Twitter « The Internet of Shit » référence les pires idées en matière d’objets connectés. La personne, anonyme, qui alimente ce compte, fait découvrir une nouvelle facette de l’absurde. Imaginez être en retard à un entretien pour le job de vos rêves. Vous vous précipitez hors de chez vous, ouvrez la portière, tournez la clé… mais votre voiture ne démarre pas. Pourquoi ? Parce que le logiciel intégré doit faire une mise à jour. Vous êtes content ? Attendez, ce n’est pas fini. Vous ratez votre entretien, puis vous rentrez chez vous. Vous vous souvenez alors que vous devez absolument imprimer un document important. Vous allumez votre imprimante. Elle est toute neuve, donc tout devrait bien se passer… Toujours pas ! L’imprimante connectée détecte que vous n’êtes pas abonné à son programme d’impression.  

Pas d’abonnement, pas d’impression, et ce, même si la machine est mécaniquement fonctionnelle. Trop bien, non ? C’est pile à ce moment-là que votre chat, équipé d’un collier connecté, choisit d’enchaîner les allers-retours entre la cuisine et le salon. Et à chaque fois qu’il entre dans la cuisine, votre téléphone reçoit une notification. Vous voilà spammé, et votre smartphone n’arrive plus à fonctionner. Dépité, vous allez mettre une pizza au four. Sauf qu’au moment de l’allumer, votre appareil vous demande d’accepter les conditions d’utilisation sur un petit écran. Déjà que vous adorez consulter ce genre d’informations, devoir le faire sur une minuscule fenêtre, où vous devez faire défiler tout le contenu pour cocher la case, finit de vous agacer… Vous n’avez plus qu’à aller vous coucher, en espérant que votre couette connectée ne se mette pas à vibrer en pleine nuit si vous ronflez trop fort.

Jullian Dupont