L’E-SPORT FERA SON ENTRÉE AUX JO DE TOKYO

L’e-sport est-il un sport ? Depuis quelques années, la question suscite le débat. Pour la première fois, la discipline sera présente en marge des Jeux olympiques de Tokyo.

La prochaine édition des Jeux olympiques prend une tournure inédite. Les premiers championnats du monde de e-sport vont se dérouler à Tokyo, en partenariat avec les JO. Cette discipline est une compétition entre joueurs de jeux vidéo, seul ou en équipe, par le biais d’un ordinateur ou d’une console. Organiser cette première édition est une opération délicate, car de nombreuses personnes estiment que le e-sport n’est pas vraiment un sport : il n’y a pas d’efforts physiques apparents et un jeu de guerre ou de stratégie ne correspond pas à une activité sportive dans la vie réelle. Même parmi les joueurs, certains sont contre l’entrée des jeux vidéos aux JO pour diverses raisons. Des compétitions dédiées existent déjà. Ensuite, par souci de toucher un vaste public, la rencontre pourrait ne pas répondre aux attentes des fans.

En partenariat avec les JO, la marque Intel organise ce nouveau championnat mondial. Plusieurs équipes nationales s’affronteront sur deux jeux. Tout d’abord, Rocket League, célèbre jeu de football en voiture, sur lequel des équipes de trois combattent lors de matchs de cinq minutes. L’équipe française compte l’un des meilleurs joueurs du monde : Alexandre Courant, alias « Kaydop », a gagné 3 de ses 6 finales de coupe du monde Rocket League, et bien d’autres trophées. Ce palmarès fait de lui le deuxième joueur le plus titré du jeu. D’autres personnes talentueuses, comme Yanis Champenois dit « Alpha54 » et Victor Locquet alias « Fairy Peak », les coéquipiers de Kaydop au sein de la team Vitality, souhaiteraient intégrer l’équipe nationale, l’une des favorites du tournoi. L’autre jeu mis en avant sera Street Fighter V. 

Le choix des jeux n’est pas anodin. Il fait débat car d’autres rassemblent plus de joueurs et sont plus médiatisés. Par exemple, la finale 2019 des mondiaux de League of Legends (une arène de bataille) a rassemblé 44 millions de téléspectateurs à distance, selon le comptage de l’agence Nielsen. Mais le Comité international olympique  a posé ses conditions : l’organisation d’une telle rencontre ne se fera que si les jeux retransmis à la télévision sont facilement compréhensibles et en accord avec les valeurs de la compétition. Ainsi, Street fighter V correspond à une forme de combat déjà représentée aux JO (la boxe) et Rocket League est un jeu proche du football.

Si la reconnaissance du e-sport avance, rien ne dit qu’il sera un jour intégré aux JO comme les autres disciplines. Le CIO a déjà écarté cette option pour l’édition parisienne. Reste que les JO sont une belle opportunité pour faire connaître le monde de l’e-sport.

Corentin Dubernard, Julien Dubois et Luigi Petit