AU CŒUR DU CHALLENGE DE LA VEILLE : TOURS RAMÈNE LA COUPE !

Depuis 20 ans, les étudiants de la formation information-communication option information numérique se confrontent dans le cadre d’un concours national inter-IUT d’intelligence économique. Ils doivent répondre à la problématique posée par une grande entreprise sur une thématique de veille. Le 30 janvier 2020 a été l’occasion de fêter la 20e édition du concours à Strasbourg. Retour dans les coulisses de sa préparation et immersion dans le quotidien des finalistes de Tours, Marina, Clara, Emmanuelle, Paul et Sarah.

Logo du Challenge de la Veille 2020.

Les finalistes de Tours : Sarah, Paul, Clara, Marina et Emmanuelle.

J-20 : Une entreprise, une problématique, un challenge. C’est parti pour une première semaine de travail !

Le vendredi 10 janvier, avec l’ensemble de la promotion InfoNum Tours, comme tous les InfoNum de France, nous prenons connaissance de la problématique du challenge de l’année 2020. Pour cette édition, le défi est de taille car nous devons nous imprégner de domaines techniques : le bâtiment et la bio-inspiration.

Angèle Stalder, chargée de cours d’intelligence économique à l’IUT de Tours : “J’ai compris que cela serait très technique. Il a fallu s’adapter à un vocabulaire particulier et adopter une méthode spécifique. C’était un vrai travail d’immersion.”

Cette année, le commanditaire est Soprema. Le leader mondial de l’étanchéité nous demande de répondre à la problématique suivante :

Quelles sont les solutions émergentes inspirées de la nature pour innover sur nos marchés ?

J-14 : Place à la préparation des livrables et de l’oral

Dès l’annonce du sujet, et sans perdre de temps, chaque groupe s’engage dans une semaine de travail intense en vue de la finale locale. La journée, le soir, et même le week-end, nous devons affronter un rythme de travail rude et éprouvant. Face à des exigences professionnelles, nous sommes confrontés à des délais serrés. Comme dans chaque projet de veille, nous nous sommes d’abord imprégnés du sujet et de son vocabulaire. Ensuite, tout s’enchaîne très vite : analyse des besoins, plan de veille, tableau de bord, sourcing, plan de livrable… Et tout cela, en restant en veille constante ! Cette semaine-ci est menée par des difficultés, des doutes et des moments de flottement. Le dimanche soir – 18h – à la veille de la finale locale, nous rendons nos livrables rédigés pour enfin nous consacrer à la présentation orale… du lendemain.

J-10 : C’est le jour de la finale locale

Le stress est à son comble dans tous les groupes. C’est un jour décisif : la première étape de la compétition. Nous préparons notre présentation orale en une nuit. Personne n’est sûr de soi. Les groupes s’observent en se demandant ce que les autres vont proposer. Nous n’avons aucune idée de leurs travaux. Pour certains, c’est déjà l’heure de se présenter face au jury : ils se lancent dans l’objectif de le convaincre. Nous avons en face de nous deux de nos professeurs et un intervenant extérieur. D’autres ont encore quelques minutes pour régler les derniers détails. Sous la pression, on finit d’apprendre nos textes et on termine le diaporama.

À la fin de la journée, tous les groupes défilent devant les membres du jury. Les jurés s’enferment dans une salle afin de délibérer. De l’autre côté de la porte, nos cœurs s’emballent, l’attente est longue. Le jury délibère pour choisir le meilleur travail. Grégoire Halbout, chef de département information-communication à l’IUT de Tours :

“Le travail écrit et la prestation orale sont tous les deux importants mais dans cet exercice-là, l’oral est primordiale. La transmission et la communication du travail sont essentielles.”

Finalement, c’est l’équipe de Sarah, Clara, Emmanuelle, Paul et Marina qui remporte la finale locale. Leur oral et leur livrable ont largement conquis le jury.

« Le sujet était à la hauteur du commanditaire : c’est un leader mondial qui a vocation à le rester »

Angèle Stalder

C’est parti pour 10 jours de pression en vue de la finale nationale… Au travail !

J-7 : Première échéance, le dépôt du livrable final

Dès l’annonce de notre victoire locale, nous nous remettons au travail. Pas de répit pour l’équipe finaliste : nous n’avons que quelques jours pour rassembler les idées, continuer la veille, pousser nos recherches… et maîtriser le sujet sur le bout des doigts ! Pendant ces quelques jours, nous rencontrons aussi des difficultés. En effet, face à un sujet très technique, nous décidons de nous appuyer sur des conseils extérieurs. L’équipe finaliste part donc à la rencontre des professionnels du bâtiment, comme notre intervenant Franck Boulot, spécialiste de la sécurité des bâtiments.

En quelques jours, il faut finaliser le livrable qui sera présenté à l’entreprise Soprema et aux autres membres du jury national. Ces quelques jours de préparation sont encadrés par le chef du département information-communication, Grégoire Halbout :

“L’équipe était très organisée, calme, concentrée et très à l’écoute. Ils ont fait appel à des intervenants et des professionnels extérieurs. C’est aussi ça, préparer une compétition : s’entourer de spécialistes.”

Trois jours après la finale locale, il est temps de rendre le livrable final. Quelques minutes avant d’envoyer le fichier : panique à bord ! Le mail est trop lourd, nous oublions d’intégrer la page de couverture… et pour couronner le tout, l’ordinateur fait des siennes ! Les problèmes techniques augmentent notre stress face à l’approche de l’échéance.

17h00 Pile ! On envoie le livrable ! Soulagement total. A peine le temps de souffler, il faut dès maintenant préparer l’oral.

« J’ai remarqué une méthode de travail efficace et une parfaite entente du groupe. J’ai rarement vu ça. Malgré les coups de mou, ils n’ont jamais lâché ! »

Grégoire Halbout

J-1 : Direction Strasbourg !

C’est le moment de prendre le train ! Direction Strasbourg pour nous cinq : 4 heures de voyage et nous voilà arrivés à l’hôtel. On décompresse, on visite la ville et on rencontre quelques étudiants InfoNum de France. Nous profitons un peu de la ville, mais nous essayons de rester concentrés et de ne pas perdre de vue notre objectif ! Avant de dormir, nous nous lançons dans un dernier entraînement pour l’oral du lendemain. Enfin, tous au lit à 22h30 pour une courte nuit avant le jour-J

Jour J : La grande finale

Il est 6h00 quand le réveil sonne. On se prépare avec une pensée pour notre classe, qui est partie la veille au soir en bus pour nous rejoindre. Des supporters motivés ! Un café, un croissant, quelques présentations, et nous sommes accueillis dans l’amphithéâtre de l’université de Strasbourg. Le stress monte et devient très présent au moment du tirage au sort de l’ordre de passage.

Et voilà ! C’est annoncé ! Tours passe en 5ème ; nous sommes le dernier groupe de la matinée. On décide de ne pas regarder les présentations précédentes et de rester concentrés sur notre travail.

“Le jour J, je n’ai pas du tout douté de l’équipe finaliste. Ils avaient des nerfs d’acier”. Grégoire Halbout

Il est 11h50 quand on nous appelle pour rentrer sur scène. Nous sommes tout en bas de l’amphithéâtre, au centre, face à un jury composé de six personnes. On prend une grande inspiration et on commence… Clara ouvre le bal, Paul prend le relais, puis Sarah, Emmanuelle et Marina viennent à leur tour présenter le travail effectué pendant ces trois semaines. Durant la présentation, le stress laisse place à une excitation, un sentiment de fierté et un soulagement. Le jury nous pose quelques questions et, finalement, nous passons tous un bon moment et nous partons très satisfaits.

Les finalistes avant leur passage au Challenge de la Veille 2020.

Les finalistes posent après l’annonce de leur victoire du Challenge de la Veille 2020, à Strasbourg.

La journée nous paraît longue, dans l’attente des résultats. Le soir même, on se rend à la salle de réception. C’est le directeur général de Soprema, Hervé Fellmann, qui fait l’annonce.

“A la troisième place, l’IUT de Bordeaux” On reste confiants… “A la deuxième place, l’IUT de Strasbourg” La pression monte, avec quelques doutes, mais à l’annonce du résultat… “Et le vainqueur de la vingtième édition du Challenge de la veille est l’IUT de… Tours !!” C’est l’explosion de joie ! Toute la classe ainsi que les étudiants de licence professionnelle data qui sont venus nous soutenir se déchaînent ! C’est un moment fort, un moment unique. Nous sommes si fiers et soulagés !

“Lors de l’annonce des résultats, en présence des enseignants et du jury sans les élèves, j’ai ressenti une tension pendant un instant, mais lorsque j’ai su que Tours était premier, j’ai été envahi d’une énorme émotion ! C’était un soulagement, et que du bonheur.” Mark Fenton, responsable de l’option InfoNum à l’IUT de Tours

Tout le Challenge de la Veille 2020 a été fimé. Vous pouvez retrouver le passage de l’équipe de Tours ici : https://youtu.be/_id4YlHgyjE?t=11790

J+1 : Lendemain de victoire

Pour nous cinq, le premier réveil après la victoire fut à la fois étrange et extrêmement plaisant. Nous n’avions pas encore réalisé que nous avions remporté le challenge. Ce qui s’était passé la veille nous semblait tellement irréel !

Cette aventure a permis à chacun de se surpasser. Nous n’avions jamais été confrontés à un travail aussi complexe, exigeant et avec autant d’enjeux. Parfois nous étions dépassés par nos émotions. En une journée, nous pouvions en traverser tellement : doute, remise en question, stress… Jour après jour, nous avons appris à nous canaliser pour les mettre de côté et rester efficaces malgré elles.

Sur le plan professionnel, nous avons développé une rigueur et une organisation indispensables dans ce challenge. Les semaines ont été rythmées par des délais. Nous nous sommes adaptés à des contraintes. Cela nous a permis d’entrer dans le monde professionnel le temps d’un mois. Nous avons rencontré beaucoup de professionnels, ce qui nous a permis d’agrandir notre réseau.

J+144 : L’aventure continue

L’aventure Soprema ne s’est pas arrêtée le jour de notre victoire. Félicités par le directeur général et la directrice marketing, nous avons été invités à rencontrer l’ensemble des membres de Soprema, ainsi que le pôle R&D afin de leur présenter notre travail. Nous allons aussi avoir la chance de visiter le site de l’entreprise. Nous serons donc de retour à Strasbourg le 19 juin prochain ! Nous sommes très surpris et honorés de pouvoir présenter une nouvelle fois le travail que nous avons produit. Nous sommes heureux de clôturer notre formation par cette opportunité.

Les préconisations de l’équipe gagnante

L’entreprise Soprema, leader mondial de l’enveloppe du bâtiment, nous avait demandé de répondre à la problématique suivante : « Quelles solutions émergentes inspirées de la nature permettront à Soprema d’innover sur ses marchés ? » Depuis sa création en 1908, la société est présente sur les mar-chés de l’étanchéité, la couverture et l’isolation. La démarche qu’elle sou-haite entreprendre à travers cette problématique est celle de la bio-inspiration. En effet, les nouveaux enjeux écologiques et réglementaires pous-sent les entreprises du bâtiment à mieux prendre en compte l’environnement. De premières recherches nous ont permis de saisir les enjeux et de formuler notre problématique : « Comment devenir une référence dans le bâtiment bio-inspiré ? » Nous avons opté pour des préconisations audacieuses. Nous aurions pu élaborer un catalogue de solutions techniques bio-sourcées et adaptables au bâtiment, mais nous avons opté pour une stratégie tout autre ! Il nous a paru essentiel que Soprema se rapproche d’autres acteurs pour innover dans la bio-inspiration. Nous avons donc tout misé sur la collaboration. Nos préconisations visaient à placer Soprema au cœur de l’innovation, en contribuant à une synergie de l’ensemble des parties prenantes (chercheurs, architectes, étudiants, acteurs publics…). Dans la continuité, Soprema pourrait bénéficier de la mutualisation des savoirs et capter l’innovation avant qu’elle ne soit commercialisée. Ainsi, nous avons centré notre préconisation sur un dispositif de veille informelle. En effet, les veilleurs doivent davantage se rendre dans des salons, des conférences pour écouter les signaux faibles, les analyser et les transformer en décisions. Finalement, nos préconisations se résument en une phrase :

« L’innovation n’est pas écrite, il faut écouter. »

Clara Berlose, Sarah Gil et Marina Tortorici