TROIS ÉTUDIANTS, TROIS VILLES, TROIS VISIONS D’INFONUM

À Tours, Grenoble et Besançon, comment les étudiants vivent-ils leur formation en DUT information-communication option information numérique ? Pour le savoir, nous avons interrogé trois jeunes en formation.

Hugo Ragain (HR) a intégré l’IUT de Tours après un bac STMG puis une première année dans une école d’édition numérique et de communication visuelle.

Alice Roubaud (AR) a rejoint l’IUT de Grenoble après un bac S spécialité informatique puis une première année en licence d’informatique.

Fanny Guende (FG) a effectué un bac ES avant d’intégrer la formation InfoNum de l’IUT de Besançon.

Que souhaites-tu faire après le DUT ?

HR : J’aimerais intégrer une école de commerce afin de faire une alternance dans le domaine du marketing, puis pourquoi pas me spécialiser dans le domaine du luxe.

AR : Je souhaiterais partir dans le milieu de l’édition numérique, en commençant par une formation en publication numérique et développement web. Par la suite, je verrai ce que je peux trouver dans ce domaine.

FG : J’hésite encore, je suis un peu perdue… Soit je me dirige vers l’événementiel, soit vers la veille. Il faut que je fasse un choix assez rapidement.

Qu’est-ce qui t’a plu dans la formation ?

HR : La polyvalence et l’orientation numérique de la formation permettent d’avoir un réel avantage sur un marché du travail de plus en plus bouché.

AR : J’ai apprécié les cours de projet personnel et professionnel car ils comportent plusieurs ateliers de réflexion sur nos intérêts, nos compétences, ce que l’on veut faire… J’ai également trouvé intéressants les cours de langues, et ceux liés au web et à l’archivistique.

FG : On n’est pas nombreux dans la classe (21), donc c’est un peu comme une famille. Le fait que beaucoup de professionnels interviennent rend les choses plus concrètes, comme dans les cours de webmarketing et de web en général.

Où as-tu fait ton stage ? Qu’est-ce qu’il t’a apporté ?

HR : Je l’ai réalisé à Keolis Tours (réseau de transport urbain Fil Bleu). J’ai pu créer des supports de formation et mettre à jour des procédures dans le cadre du changement de grille tarifaire.

AR : J’ai effectué mon stage dans une médiathèque. Ma mission principale était l’analyse et la gestion du projet d’établissement. Ce qui avait, selon moi, peu à voir avec ma formation. Pour autant, cela m’a beaucoup aidée pour le projet tuteuré.

FG : Je l’ai fait dans une association sportive. Il m’a apporté du professionnalisme et de la polyvalence, car j’ai touché à tout (des missions en lien avec InfoNum, mais pas seulement). Enfin, j’ai apprécié que l’on prenne en compte mes idées, et le fait d’être assez libre.

Comment as-tu vécu le Challenge de la veille ?

AR : Au début, comme une énorme source de stress : on avait un emploi du temps assez serré pour pouvoir travailler le dossier, faire les recherches et se préparer. C’était un peu désagréable. J’ai cependant pu découvrir des outils et des méthodes qui m’étaient encore inconnus. En tant que finaliste, j’ai dû présenter un oral devant des centaines de personnes, et il y avait un enjeu derrière. Personnellement, je l’ai vécu comme une expérience assez positive et intéressante.

FG : J’ai trouvé le sujet très complexe par rapport à celui de l’année dernière, mais c’était intéressant car cela nous a appris à nous débrouiller. Ce qui m’a plu, c’est la cohésion de mon groupe et les idées que nous avons apportées. Nous n’avons pas été finalistes mais c’était cool d’aller à Strasbourg soutenir nos camarades. Bravo à vous pour votre victoire (Tours a gagné le challenge cette année, ndlr).

Selon toi, quels sont les métiers de demain liés au numérique ?

HR : Les métiers qui permettent d’analyser des données (data analyst), de créer des contenus (développeur web, UX designer…) ou encore d’améliorer la visibilité numérique des entreprises : chargé de SEO (référencement naturel), chargé de web marketing…

AR : L’édition numérique et les archives numériques. Selon moi, le web ne va pas prendre une place plus prépondérante qu’aujourd’hui, mais va changer dans la forme ou les usages. Concernant le numérique, un gros développement de l’intelligence artificielle (IA) pourrait révolutionner en partie les outils et les utilisations.

FG : D’abord, tout ce qui concerne la veille. Ensuite, l’archivage numérique, car toutes les entreprises cherchent aujourd’hui à numériser leurs documents. Enfin, les métiers de webmaster et de community manager, car désormais, tout se passe sur les réseaux sociaux.

La formation InfoNum en France

Aujourd’hui, le DUT information-communication existe dans 22 IUT (Institut Universitaire Technologique) de France. Ce diplôme comprend différentes options : communication des organisations, information numérique dans les organisations (souvent abrégée InfoNum), livre et patrimoine, ainsi que publicité. À ce jour, on trouve la spécialité InfoNum dans 10 IUT : Tours, Bordeaux, Lyon, Strasbourg, Nancy, Dijon, Besançon, Grenoble, Le Havre et Toulouse. Au total, cette filière compte près de 600 étudiants (approximativement 30 élèves par année et par classe pour la plupart des IUT).

Pour tous ces jeunes, une occasion de se retrouver est le challenge de la veille. Cette compétition annuelle oppose des équipes de 4 à 5 étudiants, une pour chaque IUT : elles doivent répondre à une problématique en lien avec l’intelligence économique, donnée par une entreprise à la recherche de solutions innovantes. Ces dernières années, Tours a remporté deux fois ce challenge (2018 et 2020). Les autres récents vainqueurs sont Besançon (2017) et Strasbourg (2019).

A une époque où le numérique occupe une place importante qui ne cesse d’évoluer dans notre société, cette formation sur deux ans est de plus en plus prisée. Par exemple, à l’IUT de Tours cette année, les demandes ont doublé par rapport à l’année dernière.

Mattéo Clochard et Paul Jarry